Rencontre avec Jacques Cadenat, directeur général de Sunny Asset Management.

mardi 16 mai 2017

Pouvez-vous nous présenter votre société?

Sunny Asset Management est une société de gestion entrepreneuriale qui se développe sur une solide expérience. D’abord celle de ses deux dirigeants, Christophe Tapia et moi-même, qui l’animons depuis 2010 avec l’objectif de créer une alternative aux fonds en euros. Christophe Tapia conduit le développement après 15 ans d’expérience des marchés financiers, notamment chez Tocqueville Finance Je suis, pour ma part, en charge de la gestion après avoir longtemps piloté la gestion financière du groupe Le Conservateur (fonds en euros AREP et les tontines : 4 milliards d’euros d’actifs sous gestion).

Nos parcours se complètent et l’esprit entrepreneurial de Sunny AM assure la bonne compréhension des enjeux de nos partenaires et clients autour d’intérêts partagés. Nous avons rassemblé une équipe riche de savoir-faire variés dont la séniorité assoit l’expertise globale.

Le capital est détenu par les fondateurs et collaborateurs, il n’y a pas d’institutionnels au capital. Nous sommes aujourd’hui une dizaine de personnes pour un peu plus de 500 millions d’euros d’actifs sous gestion. 95% de notre collecte de capitaux provient des clients des partenaires CGP (personnes physiques et morales). La société opère majoritairement à travers des fonds communs de placement (FCP), mais elle gère aussi des mandats de gestion dédiés.

Parlez-nous de la valeur ajoutée de votre société et de son expertise.

Les activités de Sunny AM s’orientent autour de deux pôles de compétences, l’obligataire (obligations libellées en euro) d’une part, et les actions d’autre part, sur les petites valeurs françaises.

Sunny AM travaille selon une approche qui a fait ses preuves. La gestion obligataire de Sunny AM s’inspire davantage de l’univers de gestion de l’assurance dont je suis issu : gestion prudente fondée sur du portage d’obligations et un faible taux de rotation du portefeuille ; tournée résolument vers le rendement et non la plus-value. La méthodologie de gestion que je mets en œuvre chez Sunny AM est celle qui a été éprouvée avec succès dans les compagnies d’assurances pendant plusieurs dizaines d’années, je n’ai rien « inventé » !

Une discipline appliquée aussi à la gestion actions qui cherche dans l’analyse fondamentale des performances robustes et accompagne des entreprises sur le long terme. Notre valeur ajoutée repose également sur notre équipe, tous des experts aguerris sur leur domaine.

Présentez-nous votre fonds phare Sunny Euro Strategic.

La baisse des rendements des fonds en euros est structurelle : la réglementation Solvency 2 impose aux compagnies d’assurances une gestion sous forte contrainte de leurs fonds en euros. L’avantage de cette nouvelle réglementation européenne est le renforcement de la solvabilité des assureurs, mais elle a pour corollaire une rentabilité faible à long terme pour les porteurs.

Autrement dit les choix d’investissement ne sont plus guidés par une vision économique et financière mais sont dictés par la réglementation. Les rendements des fonds euros vont converger vers 1% à horizon 2/3 ans et il ne parait pas judicieux d’y allouer 100% de son épargne.

Notre fonds phare Sunny Euro Strategic pèse aujourd’hui 280 millions d’euros. Son objectif est d’être une solution de relais au fonds en euros. Notre gestion remet en œuvre les moteurs de performances des fonds en euros en s’affranchissant de toutes ces contraintes qui pèsent sur la gestion financière des assureurs. Nous avons la capacité d’appréhender l’ensemble de la classe d’actifs obligataire, sur des obligations qui nous rémunèrent et que ne peuvent plus acheter les assureurs.

Notre gestion est claire et lisible : on achète une obligation pour le rendement qu’elle procure, tout simplement. Une obligation est un contrat avec pour caractéristiques : une durée, un taux de rendement, un émetteur ; ce qui apporte beaucoup de visibilité. L’objectif du fonds à moyen terme est de faire 1% de mieux que le fonds en euros avec une volatilité contenue.

Quelle est votre vision macroéconomique sur les 12 prochains mois ?

En Europe, les fondamentaux économiques se sont amélioré et la croissance devrait se situer autour de 1,5% avec une inflation qui va rester très basse. Aux Etats-Unis, le cycle économique est plus mûr. Le supplément de croissance, s’il arrive, dépendra de la relance budgétaire que Trump pourra ou ne pourra pas opérer.

Pour résumer, sans être flamboyante, l’économie mondiale devrait tourner à un rythme de croissance autour de 3% ; et donc les taux de défaillance d’entreprises devraient rester à des niveaux historiquement très bas.

Si vous avez 100 000 € à placer à un horizon de 5 ans, qu’en faites-vous ?

Aujourd’hui, le prix de tous les actifs a beaucoup progressé. J’aurais donc un biais prudent, en privilégiant des obligations de durée courte. Sur les cinq ans à venir, des pics de stress se produiront, il faudra profiter de ces phases de regain de volatilité pour reprendre du risque avec une meilleure rémunération.

Vous avez 30 ans d'expérience en investissement. Qu'est ce qui a le plus changé sur cette période dans votre métier ?

Jusqu’en 2007-2008, le prix des actifs, qu’ils soient des actions ou des obligations, était corrélé à l’économie réelle. Aujourd’hui, ce qui fait majoritairement le niveau du prix des actifs, c’est le montant des liquidités déversées par les Banques Centrales, et beaucoup moins l’économie réelle.

De plus, la réglementation est beaucoup plus contraignante pour tous les acteurs. Notamment pour les assureurs, cette réglementation va contribuer à sécuriser le quotidien de l’épargnant, mais en contrepartie va brider les rendements.

Macron président, c'est une chance pour le patrimoine des Français ?

Pour ce qui est de la fiscalité, c’est une opportunité puisqu’il devrait baisser la fiscalité sur les valeurs mobilières et les PME, avec un effet mécanique positif. Il tient également un discours « pro-entrepreneur »et il semble vouloir s’attaquer à des rigidités structurelles de notre économie. Si celles-ci venaient à s’effacer, la croissance s’accélérera mécaniquement. Sera-t-il en mesure de le faire ?

Quel est L’avantage d’avoir un conseiller en gestion de patrimoine aujourd’hui ?

Le CGP connaît les fonds dans chaque domaine et il permet de personnaliser l’investissement. Comme il est indépendant, il a une liberté de choix totale et peut sélectionner les meilleurs placements dans chaque catégorie. Sans oublier que la fiscalité est devenue tellement complexe qu’il est parfois difficile de s’y retrouver et de ne pas faire de bêtises.

Enfin, les banques s‘éloignent de plus en plus des clients, avec moins d’agences et plus de suivi virtuel, donc moins de relation humaine. Le CGP permet une proximité qu’il est aujourd’hui difficile de retrouver ailleurs.