Bourses. La Chine fait tanguer la planète

mercredi 16 septembre 2015

Il fallait s'y attendre ! La bourse de Shangaï depuis un an montait vite. Trop vite. 150% de hausse en une année sans que la croissance chinoise justifie cette envolée. La correction a été brutale et sévère en touchant toutes les bourses mondiales.

Quand on sait que la Grèce, nain économique, a parfois affolé les marchés boursiers, on n'a aucune peine à imaginer ce que peuvent donner des secousses en provenance de l'Empire du milieu, seconde économie mondiale et locomotive du commerce planétaire. Elles ont fait tanguer les bourses mondiales par un effet de contagion qui a provoqué à Wall-Street et ailleurs des baisses en séance comme on n'en avait pas enregistré depuis quatre ans.

La dévaluation qui secoue

L'euphorie qui a gagné la bourse de Shangaï en une année avait tout du gonflement d'une bulle spéculative. La hausse était totalement déconnectée du niveau de croissance de la Chine, celle-ci se situant certes à des attitudes insoupçonnées en Europe mais en phase de décélération.

Une première correction s'est manifestée en juillet, mettant en cause la solidité de l'ensemble mais sans que cette baisse n'affecte encore les bourses de la planète. Et puis tout s'est brutalement accéléré avec la décision des autorités chinoises, à la mi-août, de dévaluer le yuan de plus de 4%, en trois corrections consécutives, pour relancer les exportations commençant à patiner. Ce décrochage monétaire a partout été perçu comme une reconnaissance officielle de l'essoufflement de la Chine, d'autant plus mal perçu par les marchés que les autorités chinoises ont donné l'impression de ne pas trouver assez vite la parade, eux qui combinent à leur guise les vertus du libéralisme et les verrous du dirigisme d'Etat.

La baisse des taux d'emprunt chinois rassure

Dans une économie mondiale déjà au ralenti, avec un pétrole et des matières premières en recul à des niveaux inégalés depuis 2009, cette secousse chinoise a eu de quoi inquiéter sur le niveau prochain du commerce mondial. Et donner des sueurs froides aux exportateurs d'automobiles allemands ou de produits de luxe français, la dévaluation enchérissant du jour au lendemain leurs envois vers la Chine. Avec, en prime, une grosse déconvenue pour des centaines de milliers d'investisseurs chinois en bourse, soudain redescendus sur terre et sans doute moins tentés par de gros achats.

La correction a été sévère à Shangaï qui a perdu pratiquement tous ses gains enregistrés en une année. Le décrochage a été moins spectaculaire dans les autres bourses mondiales qui ont enregistré avec satisfaction la baisse des taux d'emprunt chinois pour redonner du tonus à l'économie mais aussi le surprenant rebond de croissance des Etats-Unis au second trimestre de cette année : 3,7% en glissement annuel alors que les prévisions tablaient sur 2,3%. Une excellente nouvelle tombée au bon moment mais qui n'a pas suffi à gommer l'effet sismique du krach chinois. La preuve : après une stabilisation, les marchés ont été à nouveau victimes de violentes secousses.