La faiblesse des taux d’intérêts secoue le secteur de l’assurance-vie

mardi 29 octobre 2019

Aux abris ! En ces temps de grande incertitude géopolitique et financière, les grands fonds souverains préfèrent la sécurité au rendement. Ils sont même prêts à payer les Etats pour qu’ils gardent leur argent au chaud. Ce n’est plus l’emprunteur qui paie des intérêts mais l’emprunté. Et voilà comment on entre dans le cercle des taux d’intérets négatifs, vertueux pour les Etats endettés mais très déstabilisant pour les circuits financiers où les intérêts constituent le carburant du système.

Quand ils sont très bas, voire même négatifs pour les fonds souverains, la machine a tendance à se gripper. C’est ce qui se passe actuellement dans le secteur de l’assurance-vie, le placement préféré des Français dans lequel, à ce jour, ils ont investi 1.700 milliards d’euros. Quand on sait que la dette totale de la France se situe à 2.300 milliards, on a un bon repère sur le volume global de ce placement très prisé. Et pourquoi l’est-il à ce point ? Car il assure à la fois une sécurité totale sur le capital investi mais aussi un meilleur rendement que des placements type Livret d’épargne.

Pour se mettre à l’abri des fluctuations monétaires, les souscripteurs français d’assurance-vie optent très majoritairement pour des fonds en euros. La prudence plutôt que le risque. Sur les 1.700 milliards souscrits, 1.300 seraient actuellement ainsi placés. Mais avec des taux d’intérêts qui poursuivent leur lente glissade, les assureurs-vie n’y trouvent plus leur compte. Comment continuer à assurer de bons rendements aux souscripteurs quand l’argent placé en euros rapporte moins de jours en jours ? Et à priori, cette tendance est appelée à durer pendant encore des années.

Certains assureurs estiment qu’ils ont les fonds nécessaires pour amortir cette situation inédite. D’autres prennent des positions plus radicales. Générali, Allianz ou encore Suravenir (groupe Arkéa) ont décidé de durcir les contraintes d’accès à ces fonds en euros en les limitant à un pourcentage du placement global de l’épargnant. Et d’autres prônent « la gestion sous mandat », autrement dit le soin laissé à la société de faire les arbitrages entre différents placements, en fonction des opportunités. En période de taux faible, c’est une option qui peut être payante mais elle suppose  d'avoir à ses côtés un bon conseiller en gestion de patrimoine, à même de connaître les réserves en euros des fonds actuellement proposés sur le marché.