Les fonds en euros ont perdu la cote

jeudi 27 février 2020

Ils ont fait les beaux jours de l’assurance-vie. Mais ils n’ont plus la cote. Les fonds placés en euros ont subi une érosion constante ces dernières années, sous l’effet notamment des décisions de la Banque centrale européenne (BCE). Elle a maintenu ses taux à un niveau extrêmement bas pour soutenir l’activité économique à l’heure où l’inflation, elle aussi, stagne à des paliers historiquement bas.

Quand tout se met ainsi à flirter avec les niveaux 0 et que les Etats empruntent même à intérêts négatifs (c’est le prêteur qui paye des intérêts pour être sûr de revoir son argent…), comment les fonds en euros pourraient-ils conserver le rendement qui fut le leur? Au début des années 2000, leur performance moyenne était de 5,3% et les Français ont alors connu l’allégresse de l’assurance-vie sur laquelle ils se précipitèrent en nombre. Au point qu’aujourd’hui, c’est le placement le plus recherché des Français avec un encours astronomique de 1800 milliards d’euros. Presqu’une année de budget de la France. Et pas très loin de l’endettement total du pays.

Mais l’enthousiasme est retombé, à la mesure de la baisse des taux d’intérêt de la BCE et donc de la défaillance progressive du rendement de ces fonds. De 5,3% en 2000, on est tombé à 1,4% en moyenne en 2019 ! Les assureurs ne savent plus où placer leur argent en obligations tant les taux servis sont laminés. Et donc, ils font maintenant tout pour dissuader leurs épargnants de chercher la sécurité du fonds en euros en limitant l’accès de ces fonds dans le portefeuille de leurs épargnants. Globalement, la confortable image des fonds en euros s’est dissipée. Ce placement reste toutefois encore supérieur à celui des divers livrets d’épargne relégués à un 0,50% pas très reluisant pour espérer faire fructifier son épargne.

Dans ce contexte, il faut savoir diversifier le contenu de son assurance-vie. Et si l’épargnant cherche des voies pour compenser la baisse de rendement des fonds en euros, il peut sans trop de risque s’orienter vers les supports immobiliers. L’horizon est bien dégagé et les tensions actuelles sur l’immobilier dans le pays laissent entrevoir des rendements prometteurs.