Les Français encore frileux avec leur épargne financière

mardi 27 mars 2018

« Pour leurs fonds propres, nos PME ont besoin de financement. Et il faudrait que l’épargne liquide des Français se déplace plus vers les FCPR (fonds communs de placement à risques) qui servent à alimenter le réseau de nos entreprises moyennes ». Ce constat, c’est Amélie de Montchalin qui le fait. Présidente de la commission des finances de l’Assemblée nationale, elle mesure les besoins en financement exprimés par les entreprises et le manque de disponibilité de l’épargne. Et pourtant, elle ne ne fixe pas de volume exorbitant : 5 milliards par an pour les PME. Mais l’épargne des Français est ainsi constituée qu’elle n’est pas culturellement associée au soutien des entreprises.

Le bas de laine de l’épargnant moyen est essentiellement constitué de divers livrets et de contrats d’assurance, avec une forte prédilection pour l’assurance-vie qui culmine à 1.600 milliards d’euros. Les cinq petits milliards évoqués par la députée semblent bien légers et pourtant, ils manquent dans la balance.

Cela démontre que l’épargne des Français n’est pas assez diversifiée, voire même qu’elle reste frileuse alors que dans nombre de pays étrangers, le flux d’une partie de l’épargne se dirige plus résolument vers les entreprises. Peut-être parce que les connaissances financières des Français sont médiocres et que l’Institut d’éducation financière du public (IEFP) n’a qu’une action trop confidentielle. Mais sans doute faut-il y voir aussi une certaine appréhension après des crises financières, comme celle de 2008 qui a refroidi certains petits investisseurs.

Le souhait exprimé par Amélie de Montchalin traduit bien, en tout cas, la distance qui reste encore à combler entre une économie qui a besoin de financements diversifiés et une épargne française qui, elle, ne l’est pas assez.