Point financier du premier semestre 2018

jeudi 9 août 2018

Le premier semestre a beau s’achever sur une performance quasi-nulle pour l’indice phare du CAC 40 (+0,2%), son parcours aura été très mouvementé. (voir graphique du premier semestre ci-dessous). Témoin, l’écart de près de 620 points entre les deux extrêmes semestriels, le plus-bas du 28 mars (5038 points en séance) et le sommet du 21 mai (5657 points). Le CAC 40 a été ballotté au gré d’une séquence très fournie d’événements économiques, boursiers, géopolitiques, etc…Soutenue par deux puissants moteurs, une conjoncture favorable et des conditions monétaires toujours accommodantes, sa marche en avant a ainsi été entravée par une série de chocs exogènes. Le premier aura été le mini-krach à Wall Street, début février, dans un contexte de brutal réveil de la volatilité. Cette séquence a eu pour origine les craintes, outre-Atlantique, d’une accélération des salaires, de l’inflation, et partant, des hausses de taux de la Réserve fédérale (Fed).

 

Evolution du CAC 40 depuis début 2018 © Boursorama

 

Un premier semestre éprouvant pour les actions

Après une année 2017 particulièrement porteuse, les actions mondiales n'ont pas affiché de tendance claire au premier semestre et les actifs risqués ont dans l'ensemble dégagé des performances ternes.

Les actions ont déçu cette année, malgré une croissance solide. Certes, le S&P 500 a gagné 2,65% (en dollars) au cours des six premiers mois de 2018, mais si l'on exclut les titres liés au secteur de la technologie, il a fait pratiquement du surplace. Sur la même période, les marchés européens sont en léger recul et les émergents affichent des performances particulièrement compliquées (-0,65% sur l'indice MSCI Emerging Markets en dollars).

5 raisons expliquent ces marchés frustrants : l'incohérence de la politique économique américaine, un ralentissement attendu de la croissance l'an prochain, un manque de visibilité qui a pesé sur les valorisations malgré des bénéfices qui continuent de progresser, des conditions financières qui se resserrent avec des banquiers centraux du monde développé injectant déjà moins de liquidités dans le système qu'auparavant et enfin, des politiques monétaires plus restrictives, avec des taux à court terme résolument orientés à la hausse aux Etats-Unis et une BCE qui s'apprête à suivre le même chemin.

 

Que nous réserve le deuxième semestre ?

La croissance mondiale est robuste, mais à son maximum. La croissance reste solide en Europe, pas d'accélération à prévoir.

Aux Etats-Unis, l'économie tourne à son rythme de croisière, grâce à l'élan donné par la réforme fiscale de Donald Trump, tandis que la normalisation de la politique monétaire devrait rester progressive. Il faut toutefois savoir que le renforcement du protectionnisme et de la réglementation crée des incertitudes. De plus, un possible impact du pétrole et des matières premières est à prévoir au niveau de l'inflation globale.

Si les tensions commerciales sont actuellement source de fébrilité, les actifs risqués pourraient s'en sortir tant que les fondamentaux continueront à s'imposer. La vision à court terme, globalement prudente, deviendra donc plus optimiste à mesure qu'approchera la fin de l'année.