Retraite. Le système français est dans le haut du panier

mardi 17 décembre 2019

On prend les mêmes et on recommence. Le projet de réforme des retraites, lancé par le gouvernement, se heurte à un front syndical disposant notamment d’un gros pouvoir de nuisance sur les transports. Mais une majorité de Français se montrent également hostiles au changement. Les tensions surgissent à nouveau, avec comme première incidence le blocage d’une partie des transports de voyageurs. Mais la grève affecte nettement moins les entreprises que, par exemple, le grand mouvement de 1995. Il est vrai que la SNCF y a mis du sien en délaissant son activité de fret, souvent bloquée par des mouvements d’arrêt de travail, qui ont fini par désespérer les commanditaires de transports. Depuis, ils se sont tournés vers d’autres opérateurs et la grève a donc moins d’effets collatéraux.

Pour les voyageurs, c’est en revanche la galère. Et dans les grands débats qui occupent toutes les chaînes de télé, les chiffres parfois fantaisistes sont lancés comme paroles d’Evangile. Une chose est sûre, c’est que les retraités français bénéficient d'un régime plutôt favorable au point que leur pouvoir d’achat est actuellement supérieur, en moyenne, à celui des actifs. Comment un tel système peut-il tenir longtemps quand le nombre de retraités explose à ce point avec les enfants du baby boom arrivant dans le grand âge ?

La statistique la plus parlante, c’est que ce sont eux, en Europe, qui passent le plus de temps à la retraite. 22,7 ans pour les hommes et jusqu’à 26,9 pour les femmes alors que le moyenne européenne est de 18,2 et 23,1. C’est une chance mais comment en assurer le financement sans mesure d’âge ? Si l’écart est aussi marqué, c’est parce que les Français sont également ceux qui partent le plus tôt à la retraite avec 60,8 ans pour les hommes comme pour les femmes alors que la moyenne européenne est de 62,3 pour les femmes et 64,1 pour les hommes et qu’elle monte jusqu’à 63,6 et 64,7 au Royaume Uni. Et pour compléter le tableau, c’est en France qu’un trouve le moins de retraités pauvres, juste derrière l’Italie qui a un système de retraite si avantageux (et si coûteux) qu’il est constamment remis en cause.

Reste à savoir comment le pays va pouvoir se sortir de cette nouvelle paralysie des transports dont l’effet est toutefois mesuré. Pour le fret, on l’a dit, mais aussi pour les voyageurs. Avec les cars Macron, avec le formidable succès de Blablacar et du covoiturage et d’autres nouvelles solutions alternatives, le pays s’en sort globalement mieux que lors des précédents grands mouvements contre les réformes des retraites.